Qu'elle était verte ma vallée !
Moi qui vitupère constamment, et pour cause, contre les poids-lourds qui sillonnent en tous sens les rues de notre village, je vais, pour une fois, faire amende honorable.
Oh, rassurez-vous, je ne le fais que très légèrement, et uniquement du bout des lèvres, et même, en croisant les doigts derrière mon dos, comme lorsque l’on dit un mensonge …
N’allez pas croire que je regrette quoi que ce soit dans ce que j’ai écrit jusqu’ici sur ce sujet, bien au contraire, je confirme, je persiste, et je signe ! Mais malgré tout, je dois à l’honnêteté et à l’objectivité de reconnaître que les conducteurs de ces mastodontes ne sont pas les seuls en cause … Bien entendu, parmi ces derniers, et c’est comme partout, il y a les bons et les mauvais, ceux qui foncent tête baissée, banzaï, advienne que pourra, et puis il y a les consciencieux, ceux qui tentent de mener au mieux une mission dont il faut bien dire qu’elle est souvent plutôt délicate, vu l’étroitesse de nos rues, qui sont totalement inadaptées à ce type de trafic.
Alors, me demanderez-vous, pourquoi toutes ces précautions oratoires ? Et non, non, je ne suis pas allé, comme Saül, sur le chemin de Damas, je n’ai effectué aucune conversion ou reconversion, je suis toujours aussi hostile à ce permis de créer impunément des nuisances, qui est complaisamment accordé à ces poids-lourds, pour circuler dans notre village.
Il ne s’agit pas de revenir sur ce que j’ai déjà écrit, mais d’apporter une nuance, laquelle m’a été inspirée par ces deux dernières photos, prises chez nous, à Sagy, et qui viennent de m’être communiquées.
L’objectif du photographe a visiblement saisi toute la difficulté de la situation.
Ces photos sont parlantes, criantes, même, car un y voit un chauffeur qui essaie, tant bien que mal, de s’extirper d’une voie étroite, pour faire tourner son long véhicule, et l’engager dans une voie toute aussi étroite … La manœuvre est hardie, difficile, combien d’entre nous seraient en mesure, ne serait-ce que de l’entreprendre ? Je ne vous parle même pas de la réussir sans dommages !
Lorsque je disais, plus haut, que ces poids-lourds ne sont pas les seuls en cause, je faisais plus qu’une allusion à deux entités : Tout d’abord le commanditaire, qui connaît les risques, mais qui les tient pour négligeables. Après tout, ce ne sont pas SES rues, ni SES maisons, ni SES murs …
Pour transporter une ou deux, voire trois palettes, n’aurait-il pas pu avoir recours à un véhicule de moindre gabarit ?
Ensuite, l’autre entité est la municipalité … Il existe des textes, des lois, qui permettent de régir, de réglementer et de limiter la circulation des poids-lourds dans une agglomération. Il paraît qu’en France, on légifère trop … c’est certain, puisque, on le voit ici, cela ne sert à rien !!